Douze préceptes chrétiens
Introduction
Le contenu de cet écrit n'est pas le fruit de longues années de recherche dans l'Ecriture Sainte, mais il doit son origine à une vision intérieure que j'ai eue en mai 1942 concernant l'Eglise du Seigneur. Dans ces semaines, c'était, comme si je pouvais voir au fond du cœur de l'Eglise de Dieu, comment elle est constituée et, en même temps, comme elle doit être pour devenir mûre pour l'enlèvement. Ce que j'ai vu là me parut sous quelques rapports presque impossible, avant tout, le fait que de l'Eglise de Dieu, c’est à dire de tous les chrétiens qui sont nés de nouveau, 10 % seulement sont prêts pour l'enlèvement et que 40 % doivent encore mûrir jusqu'à ce que le Seigneur puisse emmener l'Eglise, et la dernière partie restera en arrière comme les vierges folles. Les conséquences de cela étaient que d'abord ma propre vie fut moulue comme dans un moulin; ce qui était bon restait intact, et tout ce qui était mauvais fut broyé dans ce jugement.
Lorsque je me suis laissé faire sans résistance et me suis courbé sous ces vérités, j'ai reçu intérieurement et d'une manière précise l'ordre d'écrire ce que j'avais vu et vécu, à quoi [e ne pouvais me décider seulement au mois d'août 1942 et encore à contrecœur et avec des larmes, surtout parce que j'ai vu que ces vérités seraient combattues ou rejetées par la moitié des chrétiens nés de nouveau et que celles-ci susciteraient par certains une tempête d'indignation. Cela m'était très douloureux, mais je ne devins calme intérieurement seulement lorsqu'elles furent écrites dans l'obéissance de cet ordre intérieur. Après avoir écrit, longtemps je n'eu pas le courage de les laisser lire par quelqu'un d'autre. Après certains événements importants qui ont confirmé la vision, j'ai trouvé alors entière satisfaction à les donner aux personnes pour lesquelles elles sont destinées.
Comme je suis prédisposé à douter de moi-même et surtout des expériences extraordinaires, je me suis, tout d'abord, posé la question suivante: toute cette vision n'était-elle pas pure imagination ou une œuvre fascinante de Satan? Je me posais continuellement cette question. C'est pourquoi il m'était si difficile d'écrire. Toutefois, cette supposition avait des arguments contraires: cette vision n'avait jamais été recherchée par moi-même et elle n'arriva pas à l'improviste, mais à la suite d'une soudaine et plus profonde notion du péché. Dans une profonde inclination, j'ai senti l'irrésistible envie de me livrer plus entièrement et plus profondément que jamais au Seigneur, de telle sorte que j'étais tout simplement obligé de céder à cette pression et j'entendais continuellement en moi: tu dois devenir encore plus petit, plus petit, plus petit. L'impression était si forte que je ne pouvais que dire: oui, Seigneur, je veux devenir plus petit, montre-moi comment puis-je le devenir. Après m'être profondément livré, ma vie toute entière se déroula dans la lumière divine, de telle sorte que tous les mystères de ma vie étaient résolus tout à coup. De cela croissait une confiance illimitée dans le Seigneur et j'avais l'impression que, jusqu'à mainte nant, je n'avais pas connu la véritable foi, naturellement cela était relatif. Aussi j'eus la permission de voir l'œuvre de rédemption sur Golgotha dans une lumière comme jamais auparavant. De telle sorte que, dans l'adoration et l'étonnement, j'étais obligé de répéter à haute voix: merveilleux, merveilleux, Des larmes de repentir alternaient avec des larmes de joie. Jadis je croyais m'être déjà profondément repenti, mais des larmes de repentir coulaient seulement maintenant, parce que je n'avais jamais été soumis à un tel jugement et avec une telle acuité.
Puis est venue la vision concernant l'Eglise de Dieu.
A ma plus grande surprise se répétait avec cette vision un événement, que j'avais eu exactement 40 uns plus tôt, sans que je puisse penser, même de loin, que 40 ans étaient déjà passés. A cette époque, j'étais terriblement effrayé lorsque cet événement venait à l'improviste; c'était incroyable, c'est pourquoi je l'ai pris pour une tentation du diable voulant me tromper. J'ai supplié alors le Seigneur avec ferveur, qu'il veuille me le reprendre. Mais malgré toutes mes prières, il est resté en moi comme une certitude inébranlable. Pendant ces 40 ans, je n'en ai jamais parlé à quiconque, pas même à ma femme. Inlassablement, j'ai essayé de le réprimer parce que simplement je ne voulais pas y croire. Si cela était survenu à nouveau à l'improviste, j'aurais agi de la même façon. Maintenant je ne pouvais pas encore y croire complètement, parce que je suis prédisposé à être suspicieux envers Toutes les expériences extraordinaires. Je m'adressais à des frères qui avaient des dispositions spirituelles et les priais de m'aider à juger de cette affaire.
Je veux seulement retracer rapidement l'événement suivant. Intérieurement, j'ai reçu l'ordre de lire les prophètes et particulièrement le prophète Jérémie. Pendant que je lisais Jérémie, j'éprouvais la même chose que j'avais déjà éprouvée après avoir été appelé au service du Seigneur il y a plus de quarante ans. A cette époque, c'était la phrase de Paul:
Si j'annonce l'Evangile, ce n'est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m'en est imposée et malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile.
A cette époque, j'étais sceptique et douteux et cette phrase brûlait mon cœur d'un feu ardent de telle manière qu'il m'était absolument impossible de continuer à vivre. Cette fois-ci, cela se passa d'une façon semblable avec la phrase: Ne dis pas: je suis un enfant ou un vieillard car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t'enverrai et tu diras tout ce que je t'ordonnerai. J'avais un mouvement de surprise et je me suis demandé ce que cela pouvait signifier. J'annonce l'Evangile déjà depuis plusieurs dizaines d'années. Que dois-je encore annoncer? La réponse était: la rédemption complète de la part de Dieu et l'abandon total de la part de l'homme et ce que cela comporte. Le point central du message au monde de l'évangéliste est: repentance et conversion, péché et grâce, de même le point central de l'annonciation aux chrétiens doit être maintenant la rédemption complète par la transformation du corps et l'enlèvement de la part de Dieu l'abandon total au Seigneur et tout ce que cela comporte de la part du chrétien. Ce dernier point m'était expliqué dans les détails les semaines suivantes, mais en plus j'ai reçu l'éclaircissement sur certains événements de l'histoire des Eglises d'antan. Durant les cours bibliques que j'ai reçus, j'éprouvais la même chose que les disciples sur le chemin d'Emmaüs, lorsqu'ils se dirent l'un à l'autre:
Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous lorsqu'il nous expliquait les Ecritures?
Dans Jérémie, il y avait encore une deuxième phrase qui m'a impressionné de la même manière. C'est le passage du chapitre 9, 22.23, en liaison avec la parole de Jésus:
Ce qui vous est dit dans l'oreille, prêchez-le sur les toits.
Mais en outre me furent aussi montrées des choses que je ne dois pas annoncer et sur lesquelles je dois me taire. J'ai constaté que je dominais mieux le péché qu'avant. Les choses, qui, auparavant, m'auraient agacé, me laissaient désormais calme. Là j'ai compris que tout cela ne venait pas d'un esprit d'exaltation.
Après avoir mis par écrit la deuxième partie, j'entendais intérieurement pendant des journées entières le verset:
Au milieu de la nuit, on cria: Voici l'époux, allez à sa rencontre! Mat. 25.
Je ne savais pas ce que cela voulait dire, c.à.d. je n'y avais pas attaché une signification particulière car cela est un texte biblique connu. Mais, finalement, je fus contraint de lire ce verset dans le texte original. Je fis alors une surprenante découverte, à savoir qu'en cette partie du verset, le verbe est employé au temps parfait, et que cela signifie qu'il ne s'agit pas d'un cri momentané, comme on pourrait le supposer en lisant la traduction allemande, mais d'un cri continu qui provient d'un endroit précis et qui se propage ensuite. Ce qui était remarquable était que ce verset résonnait continuellement en mon for intérieur et à la fin cela devint tellement brûlant que, dans la nuit du 17 au 18 mai, je ne pouvais pas trouver le sommeil. C'était la première nuit de toute mon existence où je ne pus dormir un seul instant, bien que d'habitude je dorme d'un sommeil profond. Ce qui m'empêchait de dormir n'était pas une excitation nerveuse mais la nouvelle qui brûlait à l'intérieur. J'entendais toujours la question: Qui donne le droit aux hommes d'enseigner que l'époux viendra seulement le matin après les temps de calamité de l'Antéchrist, alors que lui-même dit textuellement:
Au milieu de la nuit, on cria: voici l'époux.
Donc il vient au milieu de la nuit et non le matin. Au milieu de la nuit, il vient comme un époux chercher son épouse et au matin comme un Roi pour établir son royaume. Ainsi nous enseigne l'Ecriture. La flamme s'avivait de plus en plus dans mon for intérieur et enfin je reçus l'ordre formel de crier : l’époux vient.
J'étais effrayé et je faisais des objections. On te prendra pour un exalté, me disais-je et, après tout, quelle importance cela peut-il avoir si les hommes l'attendent au milieu de la nuit ou le matin. S'il vient avant ils le verront bien. Mais je fus enseigné que ceux qui l'attendent seulement le matin risquent d'être trouvés endormis et ne soient pas préparés. Il faut le temps pour que la nouvelle soit répandue partout et pour que chacun puisse se décider à s'abandonner complètement et à être prêt. A 5 h du matin, quand il faisait déjà jour, j'ai enfin abandonné la résistance et promis de répandre la nouvelle. Là-dessus, me furent encore données trois heures de sommeil. A mon l'éveil, j'ai remarqué que la brûlure en mon for intérieur était partie. Dans la journée, j'ai examiné encore une fois dans le calme, ce qui m'était arrivé.
Le lendemain matin, cette brûlure se renouvela de nouveau, mais les cours qui commençaient m'ont empêché de le mettre par écrit; et comme je ne me suis pas mis à l'œuvre tout de suite après les cours, elle reprenait le soir pour la troisième fois. C'est pour cela qu'aujourd'hui, au petit matin, je me suis décidé à écrire.
Ces écrits ne sont pas destinés pour la grande masse de la chrétienté, mais exclusivement pour ceux qui veulent être sérieusement chrétiens. Les autres les refuseront dès le début, car ils les trouveront extravagants et exagérés, ou ils les mettront de côté avec déception. Par contre, les chrétiens de Philadelphie percevront et entendront par ces écrits la voix du bon berger (Jean.10:27) et lui obéiront. Les vierges folles et les chrétiens de Laodicée les refuseront pour leur propre dommage. Pour ceux-ci, nous souhaitons le collyre du Saint-Esprit, afin qu'ils puissent voir et dans la mesure du possible être encore amenés à l'Eglise de Philadelphie.
Deux sortes de croyants.
Déjà ce titre provoquera une contradiction chez certaines personnes pieuses, parce qu'elles ne veulent pas admettre qu'il existe deux sortes de croyants. Le fait que l'on distingue les convertis et les non convertis provoque déjà une opposition parmi les hommes. Cette différence excite parfois la colère et justement cette colère est la preuve de l'exactitude concernant cette distinction, ce que la Bible confirme non seulement dans quelques versets, mais apparait comme un long fil rouge tout au long de l'Ecriture. Perdu ou trouvé, pour ou contre, cela est une différence comme le jour et la nuit. Bien qu'il y ait une chose intermédiaire que l'on nomme crépuscule, personne n'aura l'idée de nier la différence du jour et de la nuit. Pas davantage un homme raisonnable ne niera la différence entre converti et non converti, Seule une Annonciation précise de la parole et une nette distinction entre converti et non converti apportera la clarté dans les cœurs. Tous les croyants pour lesquels ces écrits sont destinés seront d'accord là-dessus. Mais qu'il faille encore faire la distinction parmi les vrais croyants c'est-à-dire parmi les convertis et nés de nouveau, cela dépassera l'horizon de certains lecteurs et excitera leur contradiction. Ils chercheront à étayer leur contradiction avec des versets bibliques et ils diront: Regardez un peu dans la Bible: le Nouveau Testament ne connaît pas deux sortes de chrétiens, car l'assemblée de Dieu est une unité et ne doit pas être séparée, sinon il en sortira encore un nouveau sectarisme. Dans cette manière de voir, la vérité et l'erreur sont mélangées. Assurément, l'assemblée de Dieu est une unité parce que
La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme.
Mais déjà dans les assemblées apostoliques postérieurs et particulièrement dans la Dédicace aux sept Eglises d'Asie, il se manifesta, qu'à cette époque, deux sortes de croyants existaient déjà, c'est-à-dire ceux auxquels le Seigneur n'avait rien à reprocher et lesquels lui procuraient une satisfaction sans limite, comme les Eglises de Smyrne et Philadelphie. A côté, il y avait ceux pour lesquels le Seigneur était obligé d'avoir un jugement destructeur:
Je te vomirai de ma bouche.
Peut-on s'imaginer une plus grande différence que celle qui se trouve entre Philadelphie et Laodicée? Comment peut-on en disconvenir en voyant ces deux Eglises, qu'il existe deux sortes de croyants? De plus, il ne faut pas oublier que les Laodicéens étaient parvenus aussi autrefois à une conversion et à une régénération, qu'ils ont effectué jadis une rupture avec le paganisme, qu'ils ont été baptisés et que leur vie d'Eglise prospérait 'encore extérieurement, de telle sorte qu'ils pouvaient dire:
Je suis riche, je me suis enrichi et je n'ai besoin de rien.
Par conséquent, ils vivaient dans la conviction qu'ils étaient de bons chrétiens, au moins aussi bons sinon meilleurs que ceux de Philadelphie. Et si un homme quelconque leur avait dit: Il existe deux sortes de chrétiens et vous êtes de ceux qui seront vomis un jour par la bouche du Seigneur, ils se seraient sentis mortellement vexés et un tel homme aurait été traité de pharisien extravagant. Qu'il existe deux sortes de croyants n'est pas l'opinion d'un homme extravagant, mais le jugement du Seigneur qui est à la droite de Dieu. Devant son jugement, nous voulons nous plier et nous demander:
Sommes-nous des chrétiens de Philadelphie ou de Laodicée?
Dans les temps jadis, il existait deux sortes de chrétiens, il en sera de même dans les derniers temps !e Seigneur ne l'annonçait-il pas durant sa vie terrestre, dans la parabole des dix vierges? On remarque que les vierges folles sont aussi sorties du monde et ont amené des lampes avec elles, qui brûlèrent au début, elles étaient alors considérées comme des croyantes qui ont éprouvé une conversion et une régénération et, par amour pour l'époux, elles sont allées à sa rencontre, exactement comme les vierges sages et de la même manière elles ont attendu son arrivée. Si, en route, quelqu'un leur avait dit que, parmi elles, il y avait deux sortes de vierges, et que, parce que folles, elles seraient exclues de la noce, elles auraient alors certainement protesté avec indignation du fait d'une telle différence entre elles. Mais c'est ainsi et, quelle que soit la véhémence de la protestation, elle n'annulera pas cette différence. Ceci est le jugement de celui qui sonde le cœur et les reins et dans sa bouche rien n'est exagéré. Il ne nous sert à rien de contester qu'il puisse y avoir deux sortes de chrétiens. Si nous sommes sincères, il vaut mieux nous poser la question:
Suis-je une vierge folle ou une vierge sage ?
Philadelphie ou Laodicée?
Puisqu'il est établi que, selon la Parole de Dieu, il existe deux sortes de chrétiens qui sont nés de nouveau, nous allons chercher maintenant à quelle sorte nous appartenons, de telle manière que le lecteur ne reste pas dans le doute à ce sujet. Car il est clair que, par la suite, Dieu doit nous montrer aussi le chemin vers Philadelphie avec une précision non équivoque, de telle sorte que personne ne pourra avoir d'excuse et dire: je ne le savais pas, Ce qui suit n'est pas une opinion personnelle ou une théorie humaine que j'aurais élaborée moi-même, car cela m'a été montré dans la vision citée plus haut. Je n'ai aucun doute au sujet de cette vision et la relation qu'elle a quant à la recherche de la classe à laquelle nous appartenons, car l'accord complet avec la parole divine prouve que cette vision provient de Dieu.
Les chrétiens de Philadelphie ou les vierges sages ont la particularité de ne pas se contenter d'une conversion unique qu'ils ont éprouvée mais d'accomplir un abandon total au Seigneur qui s'approfondit et se complète journellement sous la direction du Saint-Esprit. Déjà ce point éveillera une contradiction chez certains croyants, Les uns diront: un abandon total n'existe pas! et les autres penseront: cela est évident. Mais, effectivement, il y a peu de chrétiens qui sont parvenus à cet abandon total et peuvent dire: Seigneur je me mets à ta disposition sans restriction, use de moi comme tu veux, envoie-moi où tu veux, exige et fais de moi ce que tu veux. Certains ont peur de cet abandon total, craignant que Dieu ne leur demande ensuite quelque chose de difficile, mais quand on se rend compte que Dieu est amour et ne veut rien d'autre que contribuer à notre salut en servant sa glorification, alors nous ne pouvons plus avoir de peine à accomplir cet abandon. Il est étonnant de voir combien cet abandon total est peu enseigné. C'est pourquoi certains vivent dans l'erreur, ou bien ils sont persuadés d'être parvenus à cet abandon total par la conversion (ce qui est en réalité le cas d'un petit nombre) ou bien ils estiment qu'un tel abandon n'existe pas. Si le danger de l'illusion que l'on se fait à soi-même est déjà présent lors de la conversion, il est encore plus grand en ce qui concerne l'abandon total. L'absence d'abandon total devient particulièrement évident lorsqu'un jour Dieu exige quelque chose de précis, alors il apparaît combien entêtés, orgueilleux, obstinés et égoïstes peuvent être encore les croyants. Lorsqu'une jeune fille ayant des parents croyants, voulut entrer dans une maison de diaconesses, ses parents croyants ne lui en donnèrent pas l'autorisation. Ils lui auraient donné la permission de se marier mais non d'entrer dans une maison de diaconesses. De tels parents, même s'ils sont convertis et nés de nouveau, ont-ils accompli cet abandon total? Sont-ils des vierges folles ou des vierges sages? Ou bien ce travailleur du royaume des cieux avait-il raison lorsqu'au cours d'une conférence, il exprima la phrase suivante: Un abandon total n'existe pas. Aucune des personnes présentes à cette conférence ne s'opposa à cette prétention. Il semble que ce frère ait exprimé une idée personnelle et que, n'ayant pas lui-même réalisé cet abandon total, les autres ne le pouvaient pas non plus. Si les hommes qui dirigent nos assemblées enseignent de cette façon, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait tant de Laodicéens et tant de vierges folles et que la foi soit vécue à un niveau si bas. L'Ecriture Sainte nous enseigne-t-elle ainsi? Que l'on compare les versets tels que 1 Thes.3:12, 4:1; 1Jean 4:12; Apo.3:2; Col.1 :28.
Naturellement, il faut tenir compte du fait qu'un abandon total ne peut jamais être en soi une chose terminée, mais seulement en fonction de la mesure de la con naissance expérimentale. Et dans la mesure où cette connaissance expérimentale grandit, l'abandon doit se réaliser. Ainsi, si des travailleurs du royaume des cieux enseignent qu'un abandon total n'existe pas, leur enseignement n'est pas biblique. Les douze points suivants nous montrent clairement si l'abandon total est accompli ou s'il ne l'est pas.
1.
Dans Apo.3:12 et dans bien d'autres versets
les chrétiens de Philadelphie sont des vainqueurs et par conséquent triomphent sur le péché
Particulièrement sur le péché d'orgueil, celui de l'obstination entêtée et celui des désirs charnels. A cet égard il y a, même parmi les personnalités dirigeantes, deux sortes de chrétiens. Au cours d'une conférence de travailleurs du royaume des cieux, on a mis l'accent sur la vie triomphante. Cette position a été contredite avec véhémence par quelques membres de cette conférence, ce qui prouve que, là encore, il y a deux sortes de chrétiens, ceux qui ont l'expérience de la vie triomphante et ceux qui n'en ont pas la moindre idée et par conséquent en contredisent la possibilité.
Celui qui a accompli l'abandon total et est en communion avec le Christ vivant, a aussi en lui la victoire sur le péché; ce qui ne signifie pas une absence totale de péché. Mais il y a une énorme différence entre le fait d'être lié au péché ou d'en triompher.
2.
C'est pourquoi l'abandon total implique une rupture avec chaque péché reconnu.
Un croyant ne doit plus vivre dans un péché, pour lequel son Sauveur et son Rédempteur a été obligé de laisser sa vie sur la croix. Cela devait être évident pour chaque chrétien, mais malheureusement ce n'est pas le cas. C'est surtout l'habitude du men songe, qui joue encore un grand rôle chez certains croyants, et cela non seulement dans la masse des individus, mais même chez certaines personnalités dirigeantes, auxquelles on ne peut pas contester la conversion et la régénération. En tant que personnalités dirigeantes, j'entends celles qui servent la parole. Il est clair qu'un berger ne peut mener son troupeau plus loin qu'il ne l'est lui-même. Si le berger vit encore dans le péché, ouvertement ou caché, il est clair qu'il ne pourra pas montrer ce chemin à son troupeau et lui indiquer comment il peut sortir des liens du péché. En outre, il ne s'agit pas de péchés de faiblesse, par lesquels ils se laissent surprendre occasionnellement, comme cela peut encore arriver chez chaque croyant, mais de manquements grossiers. Il y a, par exemple, un chef d'assemblée qui sert la parole le dimanche, mais qui, les jours de la semaine, est coupable des mensonges les plus grossiers. Non seulement des déviations de la vérité comme chez Ananias et Saphira, mais renverse carrément la vérité et, par exemple, fait un voyage pour calomnier quelqu'un. Je pense encore à certains adultères qui, malgré leur état, peuvent louer la délivrance de tous les péchés avec grand retentissement. Combien de fois arrive-t-il que des croyants font de fausses déclarations en connaissance de cause, alors ils mentent pour se faire valoir un avantage quelconque, par exemple pour recevoir une rente plus forte, tricher sur le prix d'un voyage ou faire une déclaration d'impôts frauduleuse.
Mais comme le Saint-Esprit est un esprit de vérité, il est tout à fait clair que de tels gens ne peuvent pas avoir le Saint-Esprit, dussent-ils l'avoir eu un jour. S'il est dit dans l'Apocalypse 14:5, parlant des prémices pour Dieu:
Et dans leur bouche il ne s'est point trouvé de mensonge.
Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont jamais menti car, d'après Romains 3:4: Tous les hommes sont des menteurs.
Mais la différence entre les chrétiens de Philadelphie et de Laodicée se trouve dans le fait que les premiers avouent leurs mensonges et pour cela obtiennent le pardon, tandis que les derniers les maintiennent, c'est pourquoi ils ne peuvent obtenir la grâce, ainsi ils restent des menteurs et les menteurs ne peuvent participer à l'enlèvement. Je citerai deux exemples que j'ai connus afin de montrer à quel degré. l'habitude du mensonge peut encore exister chez des soi-disant chrétiens convertis et nés de nouveau.
a/ Une femme avait un enfant naturel. S'étant convertie par la suite, elle prétendait avoir trouvé la paix avec Dieu. Un jour cette femme accusa le soi-disant père de l'enfant de n'avoir pas rempli sa promesse de soutien envers elle, malgré que lui aussi se prétendît converti et né de nouveau et attesta, sous serment, qu'il n'était pas le père de l'enfant et qu'il n'avait jamais connu cette femme. Il savait qu'il était un pécheur et qu'il avait trouvé la grâce de Dieu, mais qu'il n'avait jamais touché cette femme. Elle, de son côté, témoigna également sous serment, qu'aucun autre homme ne l'avait jamais touché, sinon celui-ci. Je leur démontrai que le menteur, en maintenant son mensonge, mettait son salut en jeu. Bien que cela fût reconnu clairement par chacun, ils maintinrent leur prétention.
b/ Le chef d'assemblée cité plus haut, qui sans aucun doute a éprouvé une conversion et une régénération, et bien qu'ayant reconnu authentiquement que le frère qui avait été calomnié avait dit la vérité, persista à prétendre que ce n'était pas lui mais que l'autre était le menteur. Ceci n'est qu'une partie de l'affaire, car il faut ajouter que deux autres chefs d'assemblée, ainsi qu'un nombre important de personnes de ces assemblées, ont donné leur approbation amicale à seule fin de ne pas se brouiller avec ce chef d'assemblée.· Peut-on encore douter qu'il existe deux sortes de chrétiens ?
Quelqu'un peut-il croire que le calomniateur qui maintient son mensonge pourra participer à l'enlèvement?
3.
L’abandon total comporte en plus:
La restitution des biens volés ou détournés.
Sous ce rapport, il y a aussi deux sortes de chrétiens, c'est-à-dire ceux qui mettent en ordre leur vie passée et restituent les biens volés ou détournés, parce que l'Esprit de Dieu les pousse à cela. Ceux qui ne trouvent pas cela nécessaire en tant que vierges folles ne sont pas sous la discipline du Saint-Esprit. Ceux-ci devraient tirer profit de l'événement suivant: Une fille croyante travaillait dans une usine de rubans de soie. Une nuit, elle rêvait que le jour de Jésus-Christ commençait à paraître. Une trompette puissante sonna. Les enfants de Dieu s'assemblèrent et furent transformés et s'élevèrent comme des anges. Elle aussi se sentait soudain très légère et déjà s'élevait un peu du sol, mais après quelques centimètres, elle était retenue par quelque chose qui était attaché à son pied. Elle vit avec épouvante que son pied était retenu par un ruban de soie dont les deux bouts étaient attachés au sol. Elle se réveilla avec une grande peur. Qu'est-ce que cela signifiait? Précédemment, elle s'était approprié malhonnêtement un ruban de soie dans son usine. Elle était certaine du pardon de la part du Seigneur, mais cette propriété étrangère était encore dans sa maison. La première chose, le matin après ce rêve, était d'avouer ce détournement et de mettre cette affaire en ordre.
4.
La rupture totale avec le péché implique aussi
Rupture avec la désobéissance aux commandements du Seigneur,
Car Jésus dit:
Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
Même sous ce rapport, il existe deux sortes de chrétiens, c'est-à-dire ceux qui se plient sous l'entière volonté de Dieu et ceux qui piétinent tout bonnement les commandements de Dieu parce qu'ils ne leur conviennent pas. Parmi ces commandements, ceux de Matth.5:23 et 18:15 ressortent particulièrement. Luther dit à ce propos de ce dernier: C'est un des commandements de notre Sauveur que l'on néglige le plus..
Comme je juge mon propre péché en moi-même pour la sanctification devant Dieu, il en est de même pour quiconque, afin que sa culpabilité ne devienne mienne par la négligence d'une œuvre de charité. Jusqu'à nos jours, cela n'a pas changé. Combien de soi-disant nés de nouveau restent coupables à cause de ces péchés d'omission. Pour beaucoup de chrétiens, le péché d'omission n'existe pas. C'est pour quoi ils se sentent (étant chrétiens de Laodicée), riches, enrichis et n'ayant besoin de rien. Un chef d'assemblée estime qu'il faut avoir une force particulière pour faire le contraire de ce que nous commande Jésus, à savoir se taire là où Jésus nous demande de parler. Ce cas aussi n'est pas solitaire. Naturellement, il est beaucoup plus aisé de se taire que de parler, car parler nous procure des souffrances et des désagréments; et l'on préfère se mettre à l'écart, car l'homme, et aussi le né de nouveau, par nature, craint la souffrance et c'est pour cela qu'il se tait quand il doit parler. Mais le plus grave est qu'il fasse une vertu de sa lâcheté et de sa désobéissance à un commandement biblique. Mais de telles gens ne devraient pas vivre dans l'espoir de participer à l'enlèvement. Car ils vont dans la grande calamité et seront obligés d'apprendre ce qu'ils ne voulaient pas apprendre avant: corriger et se laisser corriger. Les chrétiens de Philadelphie, par contre, se mettent sous la parole de Dieu toute entière; à cause de cela ils ont la promesse:
Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre.
5.
L'abandon total implique aussi
L’offrande de son métier d'ici-bas ainsi que de son temps.
A ce sujet, il existe aussi deux sortes de chrétiens. Une grande partie des croyants estiment que le christianisme et le commerce n'ont rien de commun. Parmi ces croyants se trouvent certaines personnalités dirigeantes qui approuvent cette façon de penser. Cette séparation apparaît non seulement dans la pratique, mais encore est enseignée publiquement. Un responsable d'assemblée a dit au cours d'une réunion, qu'il ne conduisait pas son commerce selon des principes chrétiens, mais selon des principes commerciaux. Entendant ces paroles, les vierges folles et les vierges sages se reconnurent aussitôt. Les dernières étaient choquées par de telles paroles, tandis que les premières inclinèrent la tête avec compréhension et pensaient en elles-mêmes: Oui, c'est vrai, dans mon commerce, Jésus n'a rien à dire, ce sont mes affaires personnelles. Le dimanche, je vais à l'Eglise et aux cours bibliques, je fais
mes recueillements le matin et le soir et cela me suffit. Ne me suis-je pas converti chez l'évangéliste N.N.? N'ai-je pas trouvé la paix? Ne suis-je pas riche? Que voulez-vous de plus? Mon commerce ne regarde que moi et, de toutes façons, il n'y a pas de commerce chrétien. Cela est aussi absurde que de dire qu'il n'existe ni langue ni alphabet chrétiens et par conséquent on ne peut ni parler ni écrire de façon chrétienne. Si un instituteur dit qu'il enseigne selon des principes pédagogiques ou qu'un commerçant dise qu'il dirige son commerce selon des principes commerciaux, tout cela, en fait, ne veut pas dire grand-chose. Les principes pédagogiques ou principes commerciaux sont des expressions neutres ou, de façon plus imagée, disons que ce sont des vases vides. Il reste à voir avec quoi ces vases seront remplis. Si le Saint-Esprit remplit ces vases, nous aurons alors un commerce et un enseignement chrétien. Si l'on exclut le Saint-Esprit de son commerce, alors on dirige celui-ci selon les principes de ce monde. Il y a une différence énorme entre de tels principes et les principes chrétiens. Une différence aussi énorme qu'il y a entre Satan et Jésus-Christ. Quand Jésus règne sur le commerce, ce qui importe le plus est de servir son prochain, mais quand Satan domine, c'est l'enrichissement qui est au premier plan. C'est pourquoi il est incompréhensible et de plus jette le trouble dans les consciences, qu'un guide de cours biblique réponde à un commerçant qui expliquait comment il menait son commerce: tu as la liberté de gérer ton affaire chrétiennement, mais tu ne peux attendre qu'un autre en fasse de même-. Il est bien évident qu'on ne peut demander à un commerçant non chrétien de mener son commerce chrétiennement, parce qu'il ne peut pas être sous la discipline du Saint-Esprit. Pourtant la société actuelle a pour base le principe suivant: L'utilité publique passe avant l'intérêt personnel. La loi oblige ainsi à agir en accord avec les principes chrétiens. Les chrétiens de Philadelphie et vierges sages ne devraient-ils pas donner l'exemple les premiers! N'est-il pas écrit dans la Parole de Dieu:
Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père (Col. 3:17)
Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu (1 Cor. 10:30) et Col. 3:2324: Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour les hommes, sachant que vous recevez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur.
Par cela, Paul explique que non seulement le travail en général ou la profession mais aussi le moindre travail de routine est un service pour la gloire de Dieu. Que le paysan cultive son champ, que la servante balaie ou cuisine, que la mère lave ses langes, que le marchand délivre sa marchandise, que l'ouvrier se courbe sur sa machine, que l'employé aille à son bureau ou que l'artisan exerce sa profession, tout doit être fait en regardant le Seigneur. C'est en servant d'abord le Seigneur que nous rendons service aux hommes et ainsi nous sommes des serviteurs de Dieu, meilleurs que ceux qui annoncent la Parole par égoïsme. 11 faut servir, de la naissance à la mort; tout doit être le service pour le Seigneur, et nous ne sommes au service du Seigneur que si nous sommes désintéressés. Ceci est une vérité fonda mentale de l'Ecriture.
Voici encore quelques exemples sur la façon d'agir de certains commerçants chrétiens.
Celui qui décide que toute marchandise achetée ne sera pas reprise, ou retient un certain pourcentage en cas d'annulation de commande, a-t-il vraiment l'intention de rendre service à son prochain? Celui qui vante une marchandise et incite le client à acheter alors qu'il sait pertinemment que d'autres produits sont meilleurs et quelquefois moins chers, ne cherche-t-il pas à exploiter son prochain plutôt que le servir? Un autre se servait du code commercial et d'une signature irréfléchie pour extorquer de l'argent, comment un chrétien peut-il en arriver là ? Il faut ajouter à ce sujet que la police mit fin à ces agissements, estimant que cela ressemblait plus à de l'escroquerie qu'à une pratique normale du commerce. Saluons ici en passant le bon sens de l'autorité, qui est beaucoup plus chrétienne que ce commerçant soi-disant converti et né de nouveau.
Le plus grave est que souvent ces pratiques sont excusées par des chefs d'assemblées qui estiment qu'on ne peut exiger d'un commerçant qu'il reprenne une marchandise achetée ou qu'il avertisse son client et lui dise que d'autres marchandises sont meilleures au risque de ne pas vendre les moins bonnes. Certes, il n'est pas question de reprendre certaines marchandises telles que la nourriture ou autres produits similaires ou bien des marchandises qui ont été utilisées. Bien qu'il nous faille mentionner que d'autres commerçants non chrétiens mettent leurs marchandises à la disposition de leur clientèle et n'en demandent le paiement qu'une semaine après ou reprennent leur marchandise si le client n'est pas satisfait. Ces commerçants prouvent ainsi qu'ils sont persuadés de la qualité et de l'exactitude de leurs prix et ainsi tout en faisant leur métier, rendent service à leur prochain.
A ceux qui persistent à prétendre qu'il est impossible de commercer chrétienne ment, il faut répondre simplement qu'il existe suffisamment d'exemples vivants qui prouvent le contraire. De plus, tous ces commerces sont florissants, justement parce qu'ils sont conduits chrétiennement et de ce fait la clientèle est toujours plus nombreuse. Il faut savoir si le but du commerce est de gagner de l'argent ou de rendre service à son prochain. Encore faut-il préciser qu'il s'agit ici de chrétiens convertis et régénérés. Ces péchés ne sont pas accidentels, mais témoignent d'une façon de vivre dans laquelle le Saint-Esprit n'est guère présent et de ce fait, fausse totalement la compréhension des devoirs professionnels. Ceux qui ne désirent que le gain sont les chrétiens de Laodicée, ils seront vomis, ce sont des vierges folles qui seront exclues de la noce, même si elles ont annoncé la parole de Dieu, car il ne s'agit pas ici d'occasionnels péchés de faiblesse mais d'une conduite professionnelle fonda mentalement erronée.
6.
L'abandon total implique aussi
L’offrande de la possession terrestre à Dieu qui est le possesseur légitime.
Légalement, nous sommes les propriétaires, mais vis-à-vis de Dieu, nous ne sommes que les administrateurs des biens que nous possédons. Ce n'est pas à nous mais à Dieu de décider de l'usage que nous devons faire de nos biens, car il est dit:
L'argent est à moi et l'or est à moi (Aggee.2:8).
La plupart des chrétiens, y compris ceux de Philadelphie souffrent encore à cause de cela, ils n'ont pas assez de lumière et de connaissance pour qu'ils puissent guérir. Un chrétien converti et né de nouveau prétendait qu'en ce qui concerne l'argent, tous les chrétiens sont aussi égoïstes les uns que les autres. Cet homme exagérait, il jugeait d'après lui-même, et comme il n'était pas libéré de l'égoïsme et de l'avarice, il croyait qu'il en était de même pour les autres. Certains tranquillisent ainsi leur conscience et pensent que si tous les autres chrétiens sont aussi avares et égoïstes, il n'est pas grave de l'être aussi. Comme le monde se tranquillise ou s'excuse avec les soi-disant péchés des chrétiens (qu'importe que ces péchés soient faux ou vrais); de même, les vierges folles se trompent parfois avec les soi-disant péchés d'avarice des vierges sages, car justement rien n'est plus difficile à juger que cette chose-là. Là-dessus, le dernier jugement appartient à Dieu.
Une mesure nous est donnée (Ecclésiastique 35:11), Cette mesure est le dixième, bien que parfois cela ne s'adresse pas à tous de la même façon. Sur ce point, tous les chrétiens ne sont pas d'accord. Certains disent que cela est vieux jeu, qu'il en était ainsi dans l'Ancien Testament, mais que, dans la Nouvelle Alliance, il n'est pas nécessaire de donner autant. Si on y regarde de plus près, on s'aperçoit que Jésus parle du péché d'avarice (ainsi que d'outres péchés) avec beaucoup plus de sévérité qu'il n'était dit dans l'Ancien Testament. Si Dieu demande le dixième dans l'Ancien Testament, il demande tout dans le Nouveau: Vends tout ce que tu as, distribue le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux (Luc 18:22). Ceci n'était pas seulement un conseil, comme l'enseigne l'Eglise catholique, mais un commande ment divin pour cet homme riche et de ce commandement dépendait son salut. Cela, sans doute, n'était tout d'abord valable que pour lui. Dieu ne l'exige pas implicite ment de tous, mais d'après le sens et l'esprit, cela reste valable en général. Nous avons le devoir de livrer au Seigneur tout notre avoir et la seule permission que nous ayons est d'en être le gérant tant qu'II le permettra.
Il avait le droit de tout demander à l'homme riche et de même, il a le droit de tout nous demander, ce qu'il a d'ailleurs fait en certains cas.
Quoi qu'il en soit, ce qu'il nous demande est au moins le dixième de ce que nous possédons.
Jésus a formellement ordonné de ne pas négliger de donner le dixième (Math. 23:23). Nulle part, il n'a fait la moindre allusion à ce sujet, afin que ses disciples, malgré leur pauvreté, aient le droit de donner moins. Il n'a pas désapprouvé la pauvre veuve, lorsqu'elle a mis dans le tronc tout ce qu'elle avait pour vivre. Il ne dit pas qu'elle a trop fait, ou qu'il n'était pas nécessaire de donner tant, mais il a seulement fait remarquer qu'elle a mis plus que tous les autres.
Après la Pentecôte, les chrétiens ont parfaitement compris qu'ils n'étaient plus les possesseurs, mais les administrateurs de leurs biens, Dans Actes 4:32, nous 1isons :
Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux.
Il ne faut pas nous tromper sur cette phrase. Cela ne veut pas dire que nous ayons le devoir d'introduire une communauté de biens telle que le Bolchevisme la préconise. La communauté de biens des premiers chrétiens était d'un tout autre caractère. Ce n'était pas une économie de contrainte, tout venait de l'Esprit et du brûlant amour qui les animait tous. Il n'est pas non plus écrit dans la Bible que tous auraient vendu leurs champs ou qu'ils se seraient réunis en société pour exploiter leurs domaines. Ceux qui ont vendu leurs champs étaient ceux qui ne possédaient que quelques terrains épars et qui avaient un autre moyen d'existence; ou bien ceux qui avaient plus de champs qu'il ne leur en fallait pour vivre. Nulle part, il est dit dans le Nouveau Testament que des paysans auraient vendu tous leurs champs pour s'adonner ensuite à la fainéantise. Même si certains l'auraient fait, il n'est nullement besoin de suivre leur exemple, car cela eût été de l'exaltation et Dieu n'a jamais demandé ça. Il est clair que le Saint-Esprit, qui agissait si puissamment au milieu d'eux les aurait empêchés de continuer dans cette idée si elle était apparue.
L'enseignement (toujours en vigueur) de la communauté de biens des premiers chrétiens nous montre ce qu'il nous faut accepter, à savoir: la responsabilité réciproque au sujet de la prospérité et la conscience de l'appartenance commune en tant que membres du corps de Christ. L'Eglise de Dieu forme une sainte famille dans laquelle un membre sert l'autre avec les dons qu'il a reçus. Cela ne vient pas de la contrainte, mais d'un désir de servir avec amour, suscité par le Saint-Esprit.
Le but de l'Eglise de Philadelphie est le retour au premier amour c!~ la première Eglise. Le plus grand obstacle pour retrouver ce premier amour est le péché de l'argent sous ses différentes formes telles que la cupidité, la dilapidation etc. L'avarice est la racine de tout ce qui est mauvais. Celui qui veut appartenir à l'Eglise de Philadelphie doit accomplir, avant tout l'abandon total en ce qui concerne les biens terrestres. Il doit mettre tout d'abord le dixième de ses revenus à la disposition de Dieu et ensuite il doit donner en plus tout ce que Dieu lui demande par son Esprit. Il faut qu'il se rende compte qu'il n'est pas le propriétaire, mais l'administrateur de ses biens terrestres.
7.
Si l'abandon total a été réalisé sur ce qui a été dit précédemment, un signe supplémentaire va apparaître: ce signe est
L'unité dans l'Esprit.
Nous savons tous qu'aujourd'hui l'assemblée de Dieu est divisée. Bien que des efforts d'alliances entre certains extrêmes aient été faits et que 'cela a conduit à une meilleure compréhension mutuelle, nous constatons que, dans les dernières décennies, les séparations ont été de plus en plus nombreuses. En exemple, nous citerons cette importante assemblée qui s'est divisée uniquement à cause de Mammon.
Certains acceptent ces divisions et pensent qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin. J'ai moi-même partagé cette opinion jusqu'au jour où, à la suite de la vision citée plus haut, j'ai compris qu'il n'en était pas ainsi.
Comment doit se réaliser cette unité? Dieu répond ainsi: Cela n'arrivera pas par des agissements ou des organisations humaines, mais cela viendra par le Saint Esprit et seulement par le Saint-Esprit. Pour ce faire, il faut que le Saint-Esprit ait de la place, sinon Il ne pourra réaliser cette union, car le Saint-Esprit ne force personne et n'utilise pas des moyens violents, mais travaille en silence et attend qu'on lui fasse, ou non, de la place. C'est seulement parce que les Chrétiens de Philadelphie lui font de la place qu'II réalisera l'unité entre eux. Les chrétiens de Laodicée seront abandonnés à leur destin, car il y aura des vierges folles jusqu'à la fin et celles-ci ne seront réunies que dans les temps de persécution de l'Antéchrist. Toutefois, cette unité ne sera pas sincère, car elle ne sera pas faite par le Saint-Esprit, mais en quelque sorte par l'Antéchrist; elle sera une unité superficielle. Se consoler avec l'espoir d'une telle unité est aussi absurde que si des enfants se querellant entre eux et étant invités par leur mère à faire la paix, ils se disaient en eux-mêmes: Le bâton de notre père fera notre unité, ce soir, quand il rentrera; jusque-là nous pouvons nous disputer. Ainsi pensent les chrétiens de Laodicée dans leur folie. Par contre, les Chrétiens de Philadelphie, qui ont reconnu la douce voix du Saint Esprit, se libèrent déjà de chaque péché reconnu. Les péchés qui font principalement obstacle à l'unité dans l'Eprit sont l'orgueil, l'autojustification pharisienne et l'obstination. Etant libérés de ces péchés, ils seront non seulement soudés ou cimentés extérieurement, mais seront fondus d'une façon indestructible dans le creuset de l'unité de l'Esprit.
C'est seulement à travers ceux qui se préparent et se laissent conduire à l'abandon total dans le Seigneur et Sauveur, que le Saint-Esprit atteindra son but. Où sont les chrétiens de Philadelphie et comment se réuniront ils? la réponse de Dieu est la suivante: les chrétiens de Philadelphie sont présents dans toutes les Eglises et toutes les assemblées. Point n'est besoin de créer une nouvelle Eglise ou une nouvelle communauté, ils doivent rester où ils sont et être la lumière et le sel pour leur entourage, car la communauté de Philadelphie n'est pas une organisation humaine, mais un organisme formé par le Saint-Esprit. le Saint-Esprit n'agit pas seulement de façon directe mais utilise les hommes, ainsi les chrétiens de Philadelphie se réunissent entre eux pour prier ensemble, pour s'entraider, s'encourager et progresser intérieurement en se faisant remarquer mutuellement les péchés, les défauts et les imperfections que le Saint-Esprit leur a fait reconnaître. C'est en reconnaissant leurs défauts et leurs imperfections que les vierges sages démontrent leur authenticité.
8.
L'Eglise de Dieu ne peut être achevée sans le Saint-Esprit, c'est pourquoi
Elle prie pour la pluie de l'arrière-saison
Promise dans l'Ecriture Sainte (Joël 2:23, Jacques 5:7). Parce qu'elle reconnaît l'Ecriture Sainte toute entière comme le cordeau d'alignement de sa vie, elle ne peut négliger certains versets tels que Eph.5:18; 1 Cor. 14:139, et elle doit, comme le dit l'apôtre Paul, chercher à obtenir les dons de l'Esprit. Toutefois, cela doit se faire bibliquement et d'une manière sensée. Les plus âgés connaissent les ravages et les désolations que de soi-disant mouvements de Pentecôte ont causés dans ce domaine. De telles erreurs ne doivent pas se répéter. Il ne faut pas seulement fermer portes et fenêtres à l'esprit d'exaltation, tel qu'il se produisait en ces temps-là, mais encore lui retirer tous les points où il peut attaquer. Pour y arriver, il nous faut savoir pour quoi cet esprit d'exaltation a pu pénétrer dans nos assemblées d'une manière aussi effrayante. En prenant la Parole de Dieu pour base, je vois clairement deux points qui retiendront notre attention:
a/ A cette époque, on a souvent cherché à obtenir le Saint-Esprit d'une manière non biblique. L’Ecriture Sainte nous enseigne clairement que le Saint-Esprit ne peut être obtenu que par une foi pleine de repentir pour notre rédempteur Jésus-Christ (Actes 2:38,39). L'obtention de l'Esprit-Saint est donc liée à une condition précise. Cette condition n'est pas suffisamment remplie par la majorité des chrétiens, c'est pourquoi ceux-ci l'obtiennent si rarement. Le désir d'être muni de plus en plus de l'Esprit-Saint est justifiable, mais pour que ce désir soit satisfait, il faut exécuter radicalement la condition indiquée. Ainsi le repentir profond et l'abandon total est la condition préalable pour une plus grande abondance de l'Esprit-Saint. En conséquence, il est inutile d'attendre une nouvelle Pentecôte, car l'Esprit est déjà présent dans la communauté. Il attend afin que nous nous livrions en tout et partout par un abandon de plus en plus total, de telle sorte qu'il ait l'entière autorité sur nous et agissant à travers nous, il puisse nous utiliser comme il lui semble bon.
Que s'est-il passé dans les soi-disant mouvements de Pentecôte? Ils croyaient devoir attendre une nouvelle Pentecôte, mais comme, d'après eux, le Saint-Esprit se laissait attendre, ils voulurent l'attirer par des prières tumultueuses. Ces prières n'avaient pas pour but de construire la communauté, mais de briller par des dons de l'Esprit. Cette manière orgueilleuse de vouloir tirer à soi les dons de l'Esprit devait obligatoirement ouvrir la porte à un esprit d'exaltation, car le Saint-Esprit ne s'obtient pas par la violence.
b/ A cela s'ajoutait encore qu'ils cherchaient à posséder le don de parler en langue, ce don qui, justement, est estimé par Paul comme étant le moins important. Cela était recherché parce qu'étant le plus marquant et peut-être aussi parce qu'in consciemment, en ayant ce don, ils étaient plus admirés. Mais Dieu ne laisse pas abuser de ses dons pour un tel usage. Par contre, ce que Dieu à permis, est qu'un Esprit d'exaltation se manifeste afin d'enseigner aux croyants que les dons de l'Esprit ne peuvent être attirés par force, par des cœurs qui ne sont pas saints ou qui sont orgueilleux. Au lieu de se plier davantage et chercher à accomplir un abandon de plus en plus sincère, les uns croyaient pouvoir se contenter d'une notion superficielle du péché et les autres eurent peur de recevoir les dons véritables du Saint-Esprit et retombèrent d'autant plus dans la "Laodicité":
Je suis riche, je me suis enrichi et je n'ai besoin de rien.
On fit alors semblant de ne pas avoir besoin des dons de l'Esprit pour construire la communauté et on estima qu'avec les dons naturels d'enseigner, on y parviendrait mieux qu'avec l'Esprit de prophétie. Ainsi, le désir de posséder les dons et la plénitude de l'Esprit se trouve relégué dans l'ombre. On craignit même d'en parler, de peur de se faire traiter d' espèce de Pentecôtiste camouflé. Seules quelques voix isolées comme celle d'Elias Schrenk et celles de quelques autres se laissèrent entendre malgré tout et invitèrent inlassable ment à rechercher les dons et la plénitude de l'Esprit. Mais leurs voix se perdaient à cause de la peur des mouvements de Pentecôte. C'est ainsi que la plupart retombèrent dans la "Laodicité" et crurent que les dons du Saint-Esprit n'étaient pas nécessaires.
Les chrétiens de Philadelphie savent que les dons et surtout les véritables dons du Saint-Esprit existent et que ces dons doivent devenir de plus en plus puissants, afin que l'assemblée puisse avancer vers l'achèvement divin. C'est pourquoi ils prient pour obtenir davantage de ces dons, non pour eux personnellement, afin qu'ils puissent briller, mais pour la communauté. Chacun d'entre eux se réjouit lorsque ces dons apparaissent, même si lui-même n'a rien reçu personnellement. Ils ne méprisent pas le don de parler en langue, même si ce don n'a pas une grande signification pour l’assemblée, c'est néanmoins un don de Dieu pour lequel Paul était reconnaissant, car ce don améliore les hommes (1 Cor. 14:4). Qui est assez saint pour n'être pas amélioré? Qui peut se permettre de mépriser un don de Dieu pour lequel Paul était pénétré de gratitude. Sommes-nous meilleurs que Paul? En méprisant les dons de l'Esprit, n'apparaît-il pas là l'orgueil incommensurable de l'homme qui croit pouvoir réussir sans Dieu et sans les dons de l'Esprit? Ne voulons-nous pas avoir honte de la pauvreté de notre armement spirituel et prier pour qu'il nous donne le collyre afin que nous voyions combien nous sommes pauvres. Tant que nous ne les verrons pas, nous n'aurons aucun désir de posséder les dons de l'Esprit et si nous n'en avons pas envie, nous ne les recevrons pas, car Dieu ne force personne. Ce désir doit être pur, il ne faut pas que ce soit pour briller, mais simplement parce que Dieu le demande et parce que nous devons être obéissants. Dieu veut que nous donnions des fruits et nous ne pouvons donner des fruits que si l'Esprit nous pousse, car il est dit:
Sans moi vous ne pouvez rien faire (Jean 15:5).
La communauté de Dieu ne pourra être achevée que si elle fait place dans son cœur et dans sa vie à tous les dons de l'Esprit que Dieu a promis, car c'est seulement avec ces dons que les péchés cachés sont dévoilés (1 Cor. 14 :25). Le dévoilement de ces péchés est une condition préalable pour l'obtention de nouvelles armes spirituelles, lesquelles sont nécessaires pour parvenir à être semblable à Jésus et être transformé à son image, ceci étant de nouveau la condition sine qua non pour participer à l'enlèvement, car dans Apoc. 19:7, il est dit:
Son épouse s'est préparée.
Il ne faut pas oublier que le Royaume de Dieu est semblable à la nature : tout est ordonné selon la loi, ainsi que Jésus nous le démontre dans ses paraboles.
9.
L’abandon total ne peut pas être une affaire limitée en soi, pas plus d'ailleurs que le fait d'être rempli du Saint-Esprit et d'obtenir les dons de l'Esprit ne peut provenir d'une expérience circonscrite, car tout cela doit venir d'une
obéissance journalière sous la conduite de l'esprit
qui doit se renouveler et s'approfondir continuellement. Le Saint-Esprit sonde toutes choses, non seulement les profondeurs de la divinité, mais aussi les abîmes du celui humain dans sa corruption fondamentale. Plus un homme est rempli du Saint-Esprit, plus Christ est glorifié en lui et plus augmente sa confiance en Dieu, mais, d'un autre côté, il voit de plus en plus les perversions secrètes et les péchés cachés qui sont dans son cœur. Certaines choses qu'il considérait anodines depuis toujours, lui apparaissent d'un seul coup comme étant des péchés. Dans de tels cas, il est certain que le Saint-Esprit veut lui faire monter une marche de plus vers la Sainteté. Le but du Saint-Esprit est que nous soyons sanctifiés tout entiers et que notre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservés irrépréhensibles lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. le Saint-Esprit demande peu à la fois et généralement pose le doigt seulement sur une seule chose. Il faut alors se plier et obéir à ce sujet, car cela a une signification décisive pour l'avancement dans la vie spirituelle. Si l'on est obéissant, le Saint-Esprit se répand davantage, sinon il se retire attristé. C'est pourquoi l'apôtre nous avertit:
N'attristez pas le Saint Esprit de Dieu par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption.
Souvent, un péché ancien se révèle, comme par exemple un vol, un abus de confiance, un mensonge ou quelque péché secret. Le Saint-Esprit nous exhorte alors à nous confesser devant les hommes ou à restituer. le converti se trouve alors à un carrefour. Le chemin de l'obéissance mène à Philadelphie, le chemin de la désobéissance conduit à Laodicée et l'on devient une vierge folle. On reste à mi-chemin de la Sainteté et il n'est plus possible de progresser. là aussi il y a deux sortes de chrétiens. Les uns sont fixés dans leur conversion ou leur sainteté, parce qu'ils ont désobéi au Saint-Esprit sur un point quelconque et suite à quoi ne peuvent que régresser. les autres sont restés sur le chemin de l'obéissance par la discipline de l'Esprit et à cause de cela avancent de progrès en progrès et de clarté en clarté.
Non seulement la désobéissance au sujet d'une faute passée, mais aussi la désobéissance à une volonté divine reconnue concernant la vie future, peut nous faire quitter la voie. En exemple, je citerai l'histoire d'une jeune fille qui était persuadée de devoir entrer dans une maison de diaconesses. Elle s'était inscrite et avait été admise, lors qu'elle reçut une demande en mariage d'un jeune homme non chrétien. Elle préféra suivre celui-ci, plutôt que de rester fidèle à Dieu. Il n'est pas étonnant que, par la suite, elle devienne neurasthénique. L’abandon total signifie qu'il nous faut obéir et faire ce que Dieu demande, quel que soit notre champ d'activité ou notre profession. Nous n'avons pas à décider de notre champ d'activité ni de notre profession, la décision appartient à celui qui nous a délivré et racheté de son sang. Lui seul décide de notre façon de penser, de parler, d'agir, afin que rien n'échappe à son influence, telle est la devise des Chrétiens de Philadelphie.
10.
L’abandon total implique aussi
La préparation fondamentale pour le martyre,
Car, dans Apo.14:4 il est dit que
Les prémices suivent l'Agneau partout où il va.
Et l'Agneau est allé à la mort pour les hommes. C'est pourquoi ceux-ci sont prêts à mourir pour l'Agneau s'il le demande. Ils ne recherchent pas le martyre et ne l'évitent pas non plus, si Dieu le leur a destiné. Cette préparation fondamentale est regardée par Dieu comme si elle était effectivement accomplie, de même qu'II a considéré l'empressement d'Abraham à sacrifier son fils, comme étant une action entièrement exécutée. Ainsi nous pouvons comprendre qu'avec les martyrs nommés dans Apo.20:4 Ils règneront avec Christ pendant les mille années.
11.
L'abandon total implique aussi qu'il faille
Faire produire des intérêts au denier qui nous a été confié
Et ceci jusqu'au retour du Seigneur. Cela signifie qu'il faut témoigner de la vérité qui nous est confiée, chaque fois que le Seigneur nous l'ordonne. Car il est ordonné (Luc 19:13) :
Faites-les valoir jusqu'à ce que je revienne.
Et
Ce qui vous est dit à l'oreille, prêchez-le sur les toits (Matt. 10:27).
Là aussi, il existe deux sortes de chrétiens. Ceux de Laodicée n'ont pas de responsabilité pour les outres. Pourvu qu'ils aillent au ciel, qu'importe si les autres empruntent le chemin spacieux qui mène à la perdition (Matt. 7:13). En refusant d'éclairer les autres, les chrétiens de Laodicée enterrent leur denier et se tranquillisent car cela ne fait de mal à personne et qu'importe puisqu'ils pourront rendre quelque chose. Ils ne veulent pas dilapider le denier de la connaissance salvatrice, mais veulent le garder jalousement et seulement le remettre là-haut au Seigneur. Les chrétiens de Laodicée ne savent pas ce qu'est le péché d'omission. Celui-ci ne leur a pas été révélé, et malgré les ordres divins, ils pensent qu'il n'est pas de leur devoir d'agir pour le Seigneur ni de faire valoir le bien salutaire. Combien seront-ils étonnés d'entendre le verdict de la bouche du Seigneur:
Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors où il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Les chrétiens de Philadelphie ne sont pas ainsi. Bien qu'ils n'aient que peu de puissance, qu'ils soient insignifiants et n'aient pas de dons brillants, ils agissent comme il est dit dans les vers suivants:
Si comme les anges ne peux parler,
Si comme Paul ne peux prêcher,
Tu peux témoigner que Jésus
Des pécheurs, il est le salut.
Si les plus forts ne peuvent gagner,
Si les vieillards restent éloignés,
Tu peux conduire les plus petits
Dans les bras de Jésus-Christ.
Et même s'ils ne peuvent faire cela, ils distribuent leur connaissance du salut sous forme d'écrits ou bien subventionnent d'autres écrits afin qu'ils puissent être répandus. Ainsi, malgré leur peu de puissance et à cause de leur fidélité au Seigneur et à sa Parole, une porte leur est ouverte, une porte que personne ne peut refermer.
12.
L’abandon total aura pour conséquence de libérer de l'assujettissement concernant la vie du corps, principalement au sujet de
la nourriture et de la boisson.
Ceci ne veut pas dire qu'il faille devenir ascète. Ce que cela signifie, Jésus le fait ressortir dans Luc.21:34:
Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent par les excès du manger et du boire et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'improviste, car il viendra comme un filet sur la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront et de paraître debout devant le Fils de l'Homme.
Là aussi il y a deux sortes de chrétiens: ceux qui vivent pour manger et ceux qui mangent pour vivre. Le Pasteur Modersohn raconte l'histoire d'un travailleur du royaume des cieux avec lequel il dînait dans un restaurant. Après avoir examiné le menu, il appela le garçon et lui demanda s'il n'était pas possible d'avoir quelque chose de plus sensé à manger. De même certaines personnes pieuses, qui vont de centre de repos en centre de repos uniquement parce que la nourriture y est meilleure qu'ailleurs. Toutes les pensées de ces personnes ne sont dirigées que vers le manger et le boire et, de plus, elles croient qu'il est absolument nécessaire d'avoir un certain niveau de vie. Elles vont même jusqu'à exiger ce niveau de vie et deviennent maussades et s'estiment insatisfaites lorsque tout ne va pas comme elles le désirent. Ces personnes tomberont forcément dans les soucis de nourriture tel que le peuple d'Israël dans le désert, qui, à cause de ses murmures, a été abattu et n'a pas atteint le but promis. Il en sera de même pour tous ceux qui ne se laisseront pas libérer de leur assujettissement aux plaisirs de la table. Durant le temps de l'Antéchrist, ils seront bien obligés d'apprendre ce qu'ils ne voulaient pas apprendre auparavant, c'est-à-dire dans les temps où les chrétiens de Philadelphie se déchargeaient entièrement sur Dieu de leurs soucis de nourriture, le remerciaient et étaient satisfaits de ce qu'II leur donnait. S'ils sont invités à des festivités, ils se réjouissent comme des enfants, s'ils doivent jeuner, ils remercient sans murmurer. Les vierges folles, au contraire, sont fâchées quand l'habituel morceau de viande ne leur est pas servi, ou bien qu'il leur faille renoncer à leur plat préféré. De celles-là le nombre est grand. C'est pourquoi Jésus adresse de sévères recommandations à ses disciples (et non au monde) afin qu'ils soient dignes d'échapper aux tribulations du temps de l'Antéchrist et de paraître debout devant le Fils de l'Homme.
Signification de cette vision divine
a / Pour les chrétiens de Philadelphie.
Que signifie donc ce message pour l'Eglise de Dieu? Il ne doit en aucun cas être interprété comme voulant créer de l'agitation, mais doit être considéré comme un appel au réveil et à la préparation des lampes, c'est-à-dire s'apprêter à recevoir l'époux. Cela se fera tout simplement si l'on reconnaît que les douze points précités sont un message de Dieu et que l'on cherche à les mettre tous sérieusement en pratique. Le Seigneur n'en demande pas plus. Mais si l'on refuse un seul de ces points, il ne peut y avoir de participation à l'enlèvement, donc pas de participation non plus aux noces de l'Agneau (Jacques, 2:10; Luc 10:16). Celui qui accepte ce message recevra le sceau de l'Esprit pour l'enlèvement (Apoc.7). Quant à la propagation de ce message, il ne faut pas oublier qu'il a été donné pour le peuple de Dieu et non pour le monde, car il est écrit:
Vous ne donnerez pas les choses sacrées en pâture aux chiens et ne jetterez pas des perles devant les pourceaux.
D'un autre côté, celui qui ne fait pas travailler le talent qui lui a été confié, c'est-à-dire qui garde pour lui ce qu'il sait et n'en fait pas profiter le peuple de Dieu, se prive lui-même de son droit à l'enlèvement. A ce sujet, il faut garder présent à l'esprit que Moïse, à cause d'une seule désobéissance, n'est pas entré dans le pays de Canaan, que Saül, à cause d'une seule désobéissance, a été rejeté; que le serviteur paresseux et les boucs seront rejetés lors du jugement dernier à cause du péché d'omission (Matt. 25:3334). Si quelqu'un n'est pas entièrement convaincu que ce message vient de Dieu, il ne doit évidemment pas le répandre, car il serait alors coupable d'hypocrisie; ce qui serait une faute grave. Ces douze points se révèleront au cœur et à la conscience des Chrétiens de Philadelphie comme étant la vérité; car celui qui est de la vérité entend la voix du Seigneur. Celui qui n'est pas suffisamment libéré de la satanique habitude du mensonge, ne reconnaîtra pas la vérité et rejettera ce message.
b / Pour les chrétiens de Laodicée
Cette vision signifie une exhortation pressante à se plier devant la parole de Dieu et s'efforcer de recevoir l'huile du Saint-Esprit et de Lui faire de la place avant qu'il ne soit trop tard. Si quelqu'un a une question sur le cœur et demande: Comment puis-je recevoir l'huile du Saint-Esprit?. Je lui répondrai brièvement en trois points:
1/ Donne raison à Dieu lorsqu'il te juge, et reconnais quand Il prouve que par j'a nature, tu es un pécheur perdu et damné et que tu ne peux être sauvé par ta propre puissance. Si tu tiens à un seul de tes péchés ou à une seule désobéissance, tu te fermes le royaume des cieux (Rom. 6:23; Jac. 2:10; Luc 14:23).
2 / Donne raison à Dieu lorsqu'il te prouve que tu ne peux être sauvé que par Jésus-Christ qui a accompli le sacrifice en mourant pour nous sur la croix à Golgotha (Rom. 3:24, Apo.4:12).
3 / Donne raison à Dieu lorsqu'il prouve que seul participera à la rédemption, celui qui est prêt à rompre radicalement avec chaque péché, à donner sa propre vie et à reconnaître Jésus-Christ non seulement comme celui qui lave du péché, mais aussi comme étant le maître de sa vie, un maître auquel il faut se livrer sans restriction. Ceci est la foi salvatrice qui vient de la reconnaissance pour le Rédempteur et la rédemption qu'il a accomplie. Cette foi Lui jure fidélité jusque dans la mort. Ceci est la richesse impérissable de notre salut, qu'aucun homme ou démon ne pourra nous ravir. En dehors de cela, tout n'est que chimère, délire et abandon à la folie, et est à l'opposé de la réalité et de la vérité de la parole de Dieu. La grâce est donnée à celui qui est sincère. Un homme ne peut être sujet d'un état s'il se révolte contre la loi, de ce fait il devient hors-la-loi; de même on ne peut être sujet du Royaume des cieux si l'on se révolte contre la loi de Dieu. C'est pourquoi la grâce ne peut être donnée qu'à celui qui se soumet complètement à Dieu et au Rédempteur et reconnaît l'acte de rédemption à Golgotha (Apo.2:38,39-5:32; Jean.6:53; Luc9:26,14,26).
Que celui qui a trouvé le chemin du salut et par cela a obtenu les dons du Saint-Esprit, ne s'arrête pas après cette connaissance, mais qu'il continue d'avancer sur ce chemin. Que selon l'ordre du Seigneur, il soit rempli du Saint-Esprit, et avec ceux qui pensent ainsi, qu'ensemble ils prient et cherchent à mettre en pratique les vérités qui sont dans ce message. Quand plusieurs communautés existent, il devrait y avoir, au moins une fois par mois, une réunion de prière en commun. Ceux qui ont un parti-pris ne doivent pas attendre que Dieu bénisse leurs intérêts égoïstes ou qu'II leur donne des dons particuliers pour faire triompher leur point de vue. Par contre, celui qui laisse mourir son orgueil et donne sa vie en ne pensant qu'à la gloire du Seigneur et à sa venue dans son Royaume, est certain de recevoir sa bénédiction.
Appendice
Dans les mois qui survirent et pendant lesquels je gardai ces vérités pour moi-même, je ne reçus aucune autre lumière ni révélation supplémentaire. Cependant, j'avais l'impression certaine que je ne recevrais d'autres révélations que lorsque j'aurais écrit ce que je savais et l'aurais répandu. C'est pourquoi je me sentais obligé de plus en plus, de faire ce qui m'était demandé.
Pendant tout l'hiver, je ne pus disposer que de très peu de temps à cause des études bibliques journalières et des nombreuses occupations que j'avais par ailleurs. Le Jeudi-Saint à midi, j'avais terminé la mise au propre de cet écrit et me disposais à préparer le sermon du Vendredi-Saint. Contre toute attente, j'eus une nouvelle révélation concernant Apoc.7 et 14 (que l'on peut lire dans le livret na 4). Puis, le Vendredi Saint, lorsque j'étais dans la sacristie du temple de Sechselbach, j'eus soudain, avant la prédication, une lumière divine au sujet de Apo.11:1, bien que je ne fusse pas préoccupé par ce verset. J'étais tellement bouleversé que je m'empressai de relire le texte dans la Bible. Dans les jours suivants, le deuxième verset de ce chapitre me fut révélé de la même manière. Alors je vis le Temple de Dieu dans lequel l'Antéchrist siégera et où il exigera d'être adoré. Ce n'était pas le Temple à Jérusalem, mais le temple de l'Eglise de Jésus-Christ où il siégera comme chef après avoir réalisé l'unité. L'Eglise accomplira sa prostitution en devenant partie intégrante du royaume de l'Antéchrist et de Babylone, c'est pourquoi celle-ci est regardée comme l'unité. Par Babylone, il ne faut pas entendre seulement la capitale de l'Antéchrist, mais l'ensemble du royaume de l'Antéchrist. Les Eglises n'accepteront pas ce nouveau chef, c'est pourquoi elles seront entièrement détruites dans leur existence extérieure, et leurs richesses seront confisquées. Dans ce temps-là retentira l'appel:
Sortez du milieu d'elle mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n'ayez point de part à ses fléaux.
Cet appel sera à prendre à la lettre. Comme les premiers chrétiens ont fui Jérusalem et la Judée pour aller à Pella, il en sera de même pour la communauté restante, elle devra s'enfuir littéralement du royaume de l'Antéchrist, c'est-à-dire de la nouvelle Babylone, pour aller dans le lieu préparé par Dieu. Ceci est la fuite de la femme dans le désert. Mais où ? Dans un désert où elle sera nourrie de la même manière miraculeuse que le fut le peuple d'Israël. Quand les temps seront venus, Dieu donnera l'entière clarté à ce sujet.
Et maintenant, revenons à la signification du verset 11:1 de l'Apocalypse, telle qu'elle m'a été donnée le Vendredi Saint. Le temple qui est mesuré, et par conséquent délimité, n'est pas le Temple de pierre à Jérusalem, mais le Temple de l'Eglise de Christ. C'est un Temple spirituel qui, comme dans l'Ancien Testament, se compose de trois parties: 1° le parvis; 2° le sanctuaire; 3° le Saint des Saints. Le parvis, qui n'est pas mesuré, mais laissé de côté pour être donné aux nations, lesquelles le fouleront ainsi que toute la ville sainte pendant 42 mois. Par ce parvis, il faut entendre le parvis extérieur des païens, qui forme une unité avec le parvis intérieur parce que le mur de séparation a été renversé (Eph.2:14). Dans ce parvis, ainsi que dans la ville sainte, se trouvent tous les chrétiens qui craignent Dieu et observent ses commandements pour autant qu'ils le peuvent par leur propre force, mais qui ne sont pas convertis ni nés de nouveau. A côté du parvis est le sanctuaire dans lequel se trouve l'autel de l'holocauste, parce qu'aucun païen ne peut entrer dans ce lieu. Dans ce sanctuaire sont les chrétiens qui sont convertis et nés de nouveau et qui, par le sang de Christ, se sont réconciliés avec Dieu. Mais ces chrétiens n'ont pas accompli l'abandon total comme il est dit dans les douze articles. Dans le Saint des Saints se trouvent les chrétiens qui non seulement sont convertis et nés de nouveau, mais en plus, ont accompli l'abandon total comme il est dit dans les douze articles et seront, selon Apo.7, scellés par l'ange du Seigneur pour' l'enlèvement. Les chrétiens qui sont dans le sanctuaire n'ont été scellés que pour le salut. C'est de cette manière que le temple de l'Eglise sera mesuré et délimité.
Cette révélation, qui m'a été donnée ce Vendredi Saint, sera pour beaucoup de chrétiens une vérité repoussante. Ainsi, seuls les chrétiens qui sont dans le Saint des Saints seront enlevés vers le Seigneur. C'est pourquoi, ainsi qu'il est dit dans Apo.11:19, l'arche d'alliance sera visible dans le temple. Les chrétiens du sanctuaire iront en Palestine dans le lieu préparé par Dieu où ils seront protégés de la mainmise de l'Antéchrist. Les chrétiens du parvis sont parmi la chrétienté en général et seront foulés par les nations pendant 42 mois. Dans ce parvis de la chrétienté en général, se joue la grande calamité du temps de l'Antéchrist. Ce temps de calamité devra être raccourci, car aucun de ceux qui sont prédestinés et qui se trouvent sur le parvis ne pourraient être sauvés. Ce raccourcissement proviendra du fait de l'effondrement total et de la destruction du royaume de l'Antéchrist. Il ne faut pas croire, comme certains l'ont interprété, qu'une seule ville sera détruite, car c'est ce royaume entier qui sera anéanti. La destruction de quelques villes, serait-ce des villes grandes comme New York, ne concorde pas du tout avec la description qui est faite dans Apo.18:19.
Ce qui est dit dans ces chapitres ne pourra s'accomplir littéralement que si le royaume entier s'écroule comme un château de cartes et non par la destruction d'une seule capitale. Comment cela est-il possible? Pas par une puissance extérieure, mais à cause des luttes intestines et principalement à cause des fléaux décrits dans Apoc.16, qui rendront les hommes encore plus sauvages. A cela s'ajoutera le grand tremblement de terre, puis la chute des grêlons, comme il est dit dans Apoc.16:18. C'est ainsi que tout cela aura pour conséquences l'effondrement complet comme il est décrit dans Apo.18 et 19. L'Antéchrist fera alors appel aux peuples de l'est, car désormais le chemin est préparé (Apo.16:12). Il voudra passer sa colère impuissante sur le peuple de Dieu, qui est assemblé en Palestine. C'est ainsi qu'aura lieu la gigantesque bataille d'Armageddon, laquelle se terminera par l'arrivée du Seigneur et la destruction de l'armée de l'Antéchrist. Car le Seigneur vient maintenant comme un roi pour ériger son royaume. Les chrétiens du peuple de Dieu qui sont rassemblés en Palestine ne seront pas enlevés mais resteront dans leur corps terrestre et formeront la souche de la mission dans le royaume des mille années. Ils ne participeront pas aux noces de l'Agneau. Dans les calamités du temps de l'Antéchrist, la moitié de l'humanité périra et comme il est dit dans Zacharie 13, 14, les deux tiers des Juifs seront exterminés parce qu'ils étaient les principaux meneurs de l'action pour la chute du Christianisme. L'humanité, après avoir fait complètement banqueroute dans son aspiration culturelle, ne laisse que le chaos derrière elle, Avec ceux qui ont été sauvés, 'c'est-à-dire, les Juifs et les païens qui sont passés à travers les calamités, le Seigneur bâtira sur les ruines de l'humanité quelque chose de nouveau: le royaume de la poix et de la justice où chacun habitera sous sa vigne et sous son figuier, pendant que Satan sera lié pour mille ans.
Réponses à diverses questions
1.
En lisant cet écrit, je vois que le Christianisme et le commerce sont mélangés et c'est pourquoi je ne suis pas d'accord.
Ainsi parle un chef d'assemblée. Ces paroles prouvent, une fois de plus, combien il était nécessaire que cet écrit paraisse. Jean-Baptiste a incorporé dans sa prédication non seulement les affaires des publicains romains, mais encore y a mélangé le métier des armes. Car il a dit:
N'exigez rien au-delà de ce qui vous est ordonné,
Puis
Ne commettez ni fraude ni extorsion envers personne, et contentez-vous de votre solde.
Quelqu'un aurait pu lui répondre alors: Qu'est-ce que les fonctionnaires de l'empire romain ont à voir avec Dieu?? L'empire romain est une chose d'ici-bas, autre est le Royaume de Dieu. Il ne doit pas y avoir confusion à ce sujet et encore moins quant à l'organisation militaire,
Pourtant, Jean-Baptiste s'est prononcé et, ce faisant, il obéissait à l'ordre de Dieu, Il est intervenu personnellement dans une question de salaire et est allé bien plus loin et d'une façon inattendue pour un prophète. Amos blâme les riches parce qu'ils ont vendu des pauvres pour une paire de souliers et parce qu'ils vivent dans la débauche (Amos 2:6, 4:6), Jacques blâme les employeurs parce qu'ils retiennent le salaire de leurs ouvriers, mais Jean-Baptiste fait des remontrances aux employés en leur disant:
Contentez-vous de votre solde
Ils auraient pu lui répondre: Ne t'occupe pas de nos problèmes de salaire, cela ne te regarde pas. Il ne faut pas mélanger le Royaume de Dieu avec la question de salaire en ayant l'air de ne pas vouloir nous accorder un salaire honnête et par cela vouloir aider les riches; nous ne voulons pas d'un tel Royaume des Cieux. Probablement il y en eut qui dirent cela. Mais n'est-il pas étrange qu'un chef d'assemblée parle de la même façon en lisant la Bible? Alors que la Bible nous enseigne non seulement le Royaume des cieux, mais mélange la Puissance de Dieu avec les choses pratiques de la vie de tous les jours. La Bible blâme non seulement l'avarice des employeurs, qui laissent végéter leurs employés, mais blâme aussi la cupidité des employés qui ne sont jamais satisfaits de leur salaire et veulent toujours davantage, même s'ils ne le méritent pas. La cupidité de l'employé est aussi mauvaise que l'avarice de l'employeur, tous deux tomberont sous le jugement de Dieu. Car l'un est promis au malheur et il est dit à l'autre:
Contente-toi de ta solde.
Il y a aussi une autre parole de Dieu qui dit: Si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. Cette parole est souvent foulée aux pieds par les vierges folles Par contre, les vierges sages, c'es-tà-dire les chrétiens de Philadelphie, prennent la Bible toute entière pour ligne de conduite, et non pas seulement ce qui leur est agréable. Elles font justement ce que blâme ce chef d'assemblée, car en agissant comme elles le font, elles laissent le Seigneur régner dans tout, et ainsi elles mélangent le christianisme avec la vie de tous les jours. Ainsi leur vie ne sera pas une lutte pour un salaire, mais un culte incessant qui se versera dans l'immense Alléluia lorsqu'elles verront Celui qui les a rachetées par son Sang précieux et pour Lequel, en remerciement de cette rédemption, elles ont servi dans leur profession durant leur vie terrestre. Si l'on sépare le Christianisme et la profession, il sera dit là-haut: elles ont reçu leur récompense, car elles ont servi pour elles-mêmes : ou tout au moins: Elles ont servi sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes.' Les chrétiens de Philadelphie, par contre, dans leur profession terrestre, servent aussi le Seigneur, l'époux de leur âme.
2.
La volonté de l'homme n'est-elle pas sollicitée exagérément par ces douze points?
Certes, voilà une question que je comprends parfaitement. Il y a bientôt 40 ans que je me suis trouvé moi-même devant cet appel. J'ai dû soutenir un dur combat intérieur pendant de longues semaines, avant de me décider à m'abandonner totale ment. Mais une fois exécuté, cet abandon a été suivi par un baptême de l'Esprit. Si une foi grosse comme un grain de sénevé est capable de déplacer une montagne, pourquoi une telle foi ne serait-elle pas capable de vaincre notre volonté personnelle et de laisser Jésus agir en maître de notre vie. Malheureusement, il y a des chrétiens qui se reposent sur la justification par la foi, d'autres sur la sanctification voire même sur la certitude qu'ils participeront à l'enlèvement, alors qu'en 'fait ils stagnent sur le bord du chemin. A quoi servent toutes les déclarations de foi, si celles-ci ne conduisent pas à l'abandon total?
3.
La dîme est-elle toujours légitime ?
Oui, il en est ainsi, mais cette loi a été donnée pour les injustes et particulière ment pour les avares qui, suivant le verdict parfaitement clair du Nouveau Testament, n'auront point de part au Royaume des Cieux et encore moins à l'enlèvement (1 Cor. 6,9:10). Est-il écrit quelque part dans le Nouveau Testament qu'un Chrétien a le droit d'être plus avare qu'un Juif de l'Ancien Testament? Notre pays est-il plus pauvre qu'Israël lors du retour de Babylone? S'il est injuste de donner le dixième aujourd'hui, cela était injuste aussi dans ces temps-là. Ainsi, nous accusons Dieu d'être injuste et d'exiger à tort. Où est donc cette belle foi dans l'Evangile qui ne fait même pas confiance à Dieu de nous faire subsister lorsqu'on Lui donne ce qu'II demande? Dieu nous incite justement à faire cette expérience avec Lui:
Mettez-moi de la sorte à l'épreuve, et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance. (Mala. 3:10).
Jésus approuve le témoignage de l'Ancien Testament lorsqu'iI dit:
Donnez et il vous sera donné; on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.
Ainsi le dixième n'est une loi que pour l'avare, et il en a besoin comme tous les autres qui sont injustes. Par contre, pour l'enfant de Dieu qui est libéré de la loi, le dixième est une vérité évangélique, car il est écrit :
Et je n'ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain(Ps. 37 :25).
Celui qui a dit cela était l'un de ceux qui donnait le dixième. Pour celui-là, il n'était point question de végéter, pas plus d'ailleurs que pour les chrétiens du N.T. qui, dans la foi, se risquent avec Dieu. Ceci est la vérité au sujet de la dîme, telle qu'elle m'a été révélée et comme le Seigneur Lui-même m'a éduqué.
4.
Quand l'enlèvement aura-t-il lieu ?
A ma connaissance et suivant les versets qui en parlent, l'enlèvement lieu tout de suite après le début de la grande tribulation et avant que les sept coupes de la colère de Dieu ne soient versées, ainsi qu'il ressort du chapitre 12 de l'Apocalypse. Dans Apoc.11, les deux témoins seront tués par l'Antéchrist, et l'enlèvement n'aura lieu qu'après leur mort et suivant ce qu'il est écrit dans le chapitre 12. Par la mort des deux témoins, la communauté deviendra veuve et sera encore oppressée pendant un peu de temps et pour autant qu'il sera' possible, elle sera emprisonnée et exécutée (Luc.21:16). Mais avant que la majeure partie de la communauté en arrive à cette extrémité, elle sera enlevée. Ce sera là sa dernière épreuve, de laquelle elle sera sauvée par l'enlèvement.
Dernières remarques.
Les. Vérités qui sont dans cet écrit ne doivent pas servir dans un but de propagande. Il faut témoigner de ces vérités seulement lorsque l'ordre nous en est donné et qu'une porte nous est ouverte, car la communauté de Philadelphie a reçu la promesse:
J'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.
Lorsque nous sommes en présence d'âmes qui cherchent sincèrement, nous devons les servir dans la mesure de notre connaissance en ayant confiance dans le Seigneur afin qu'II rende sa parole vivante sans notre aide. Si nous rencontrons une résistance obstinée, il ne faut pas insister, mais laisser à chacun son opinion. Il ne faut pas oublier qu'il y aura toujours des vierges folles, que nous ne pourrons convaincre, et comment pourrons-nous le faire, si le Seigneur lui-même ne le fait pas? Il nous faut atteindre une confiance illimitée dans le Seigneur, comme Il a bien voulu me donner ces dernières années. Une telle confiance ne peut être obtenue que dans la mesure où nous lui obéissons et nous nous laissons briser.
L’Eglise de Philadelphie
Voici comment la communauté de Philadelphie se définit elle-même :
La communauté de Philadelphie n'est pas une société constituée; c'est une communauté spirituelle et chacun des membres qui estiment devoir y appartenir se trouvent dans toutes les Eglises et dans toutes les assemblées. Là, où ils se trouvent, ils cherchent à s'unir pour prier ensemble, pour se réconforter et s'aider à progresser mutuellement. Ils s'efforcent d'entrer en contact avec d'autres Eglises ou d'autres communautés afin que s'accomplisse la dernière prière du Seigneur Jean 17:21. Ils se laissent pénétrer par l'amour de Christ et quelle que soit leur étiquette, ils mettent en pratique le commandement du Seigneur
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Christian Röckle, l'auteur de cette brochure, est né le 6 février 1883 à Leonberg (Württemberg) et est décédé dans cette même ville le 16 août 1966 au cours de sa 84e année. Il s'est éteint doucement dans la promesse de 1Th.4:14,15.
Après avoir été missionnaire en Côte de l'Or, aujourd'hui le Ghana, pendant plusieurs décades, il revint à l'âge de la retraite dans son pays natal, pensant finir ses jours tranquillement. C'est alors qu'il reçut de Dieu, l'ordre d'écrire et de faire connaître les révélations qu'il avait reçues.
Nous passerons sur les difficultés qu'il encourut pour faire éditer une œuvre religieuse pendant la guerre. Pourtant et contrairement à ce qu'il pensait, l'autorisation lui fut accordée. C'est alors qu'il se rendit compte que sa véritable mission ne faisait que commencer. C'est ainsi qu'après de nombreuses tribulations et avec une aide miraculeuse de la part du Seigneur, il en vint à fonder la communauté de Philadelphie. Son premier objectif fut d'aider à construire des logements par un système d'entraide qu'il mit au point. En même temps et avec l'aide de tous ceux qui avaient à cœur d'aider leur prochain, il construisit un asile pour les vieillards, un centre de vacances pour les enfants et un foyer pour ceux qui sont seuls dans la vie.